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Liliane VITTORI
21 avril 2021
Napoléon et les Israélites par GUY SABBAGH.

Napoléon et les Israélites par GUY SABBAGH.

Bicentenaire:"Napoléon et les Israélites": conférence de Guy Sabbagh, qui est aussi historien de la mémoire juive de Corse, jeudi 20 mai à 19h : inscription sur le site Terra Eretz Corsica Israël.

Comment l’Empereur a-t-il initié l’émancipation de la communauté juive de France dans l’élan d’une laïcité émergeante? Après 1700 années d’interruption, Napoléon, génie visionnaire, législatif et politique, convoque un « Grand Sanhedrin » à Paris en 1807, préalable à la création d’un « Consistoire central Israélite de France » (1808). C'est le premier pas d'une libération historique qui va inspirer toute l'Europe.

Comment ce Grand Sanhedrin est-il conçu en tant que préalable à la création d’un « Consistoire central Israélite de France » (1808), afin de structurer et stabiliser les liens entre les communautés juives de France et l’Etat?

Après les cultes catholiques et protestants, organisés dans le Concordat de 1801, c’est au tour des Juifs de France d'être intégrés par l’Etat, dans une France laïque, et ce grâce à la détermination sans faille de Napoléon. Avec son pur génie législatif à nul autre pareil, il crée en 1808, ce Consistoire central (et ses déclinaisons régionales), assorti d’un Av Beth Din, structure encore décisionnaire aujourd’hui pour les pratiques communautaires. L'ensemble étant une mise en pratique de ce que les philosophes des Lumières et la Révolution de 1789 avait imaginé mais sans aboutir à une réalisation concrète dans les institutions. « C’est un tournant majeur explique Guy Sabbagh, pour la reconnaissance de cette communauté juive en France, ce sont des avancées essentielles qui ont été adoptées, et elles sont encore en vigueur aujourd’hui, dont le poste de grand rabbin de France. ».

Quelle est l’approche de Guy Sabbagh sur les nouvelles dispositions communautaires voulues par Napoléon et sur ce qui fût un processus incontestable d’émancipation ou de « régénération » selon l’expression des historiens?

Dans quel contexte Napoléon,  en homme immensément cultivé, a-t-il convoqué, avec audace, un « Grand Sanhédrin », qui fût présidé par le rabbin alsacien Joseph Sinzheim ? Peut-on parler à ce propos, d’un véritable télescopage ou d’une accélération de l’histoire? Ou même d’une amorce marquant le début d’une intégration de l’histoire juive dans le récit national français, dans le contexte de l’élan de la modernité politique et de la laïcité émergeante du XIX ème siècle? Avant tout, c'est du jamais vu, et c'est une première depuis 1700 ans.  Puisque le dernier Sanhédrin connu date de l’époque de l’occupation romaine de la Palestine et de la crucifixion de Jésus à Jérusalem.

Que disent les historiens sur les motivations de Napoléon, sur  la situation des communautés juives sous l’Empire, sur la politique d’assimilation, sur « l’anti-judaïsme » de l’époque ? Selon la Fondation Napoléon : « il y avait dans l’Empire environ 170 000 juifs, dont un tiers dans les limites de l’ancienne France. Ils étaient pour la plupart regroupés en communautés compactes, sinon homogènes, dans des quartiers appelés ghettos. Les communautés françaises se trouvaient en Gironde, dans les Landes, en Moselle, dans le Bas-Rhin et dans le Haut-Rhin".

Pourquoi un Grand Sanhedrin? L’historien Charles Touati précise : « Le nom prestigieux de Grand Sanhedrin, donné à celui que convoqua Napoléon Ier en 1807, le nombre de ses membres, leur disposition en demi-cercle, tiennent à la volonté d’un empereur qui aimait le faste, et le retour à l’antique, et qui voulait peut-être par ce geste , en restaurant cette suprême instance du judaïsme, éblouir tout le judaïsme européen, et se le gagner. » ( Ch. Touati- 1979 Annales historiques de la Révolution française.)

Inspiré par Pascal Paoli et sa Constitution de 1755, Napoléon né dans une famille paoliste, avait bien sûr connaissance des initiatives du premier chef d’Etat de Corse. Paoli avait déjà fait venir 600 juifs soit 120 familles en Corse, via Ile-Rousse en 1767. Napoléon avait aussi visité le ghetto d’Ancone en Italie, et fait une halte en Terre Sainte à St-Jean d’Acre. A ce propos, G. Sabbagh nous racontera une anecdote savoureuse sur la rencontre entre les Juifs de Palestine et Bonaparte.

Ensuite, devenu empereur N. reste préoccupé en priorité d’ordre public, il recevait des rapports précis sur les situations contrastées, les aléas et dangers vécus au quotidien localement par certaines communautés régionales. Guy Sabbagh va préciser la chronologie exacte du processus d’émancipation, la géographie et la démographie de la communauté juive de cette époque, tout en mentionnant les influences des Lumières et particulièrement les écrits de l’Abbé Grégoire. Guy Sabbagh va aussi tracer la piste de la réflexion de Bonaparte dans ce qui fût une « régénération » des Juifs en France, largement imitée par d’autres pays européens " au fil du chemin de conquête" .

Exceptionnel et précieux archiviste, historien et chercheur de la mémoire juive de Corse, Guy Sabbagh - qui fût dentiste - , est né à Bastia en 1947. Son père David Sabbagh a été l'un président de la communauté juive de Corse. Descendant par sa mère, une Toledano, d’une longue lignée de rabbins originaires de Mekhnès (Maroc), son grand-père, rabbi Meyer Toledano fût rabbin de la communauté juive de Corse jusqu’à son décès en 1970. La synagogue de Bastia lui est dédiée.

Guy Sabbagh consacre son temps (avec le concours de son frère Benny Sabbagh, médecin), à des recherches mémorielles, historiques et généalogiques sur la communauté juive de Corse. Exhumant comme par miracle et avec beaucoup d’émotion, des photographies et des documents enfouis dans les archives, ils ont notamment organisé une extraordinaire exposition retraçant l’arrivée à Ajaccio, en décembre 1915, de 800 réfugiés, des familles juives en provenance de Syrie et de Palestine (Empire Ottoman). Guy Sabbagh mentionne « l’accueil chaleureux qui leur a été réservé par la population insulaire ». Certaines de ces familles originaires du Maroc s’étaient installées en Palestine notamment à Tibériade autour des années 1870 «  une des premières alyah » remarque G. Sabbagh.

A retrouver aussi sur le site Memoria Ebraica la destinée du rav Jacob Moïse Tolédano, habitant de Bastia, guide spirituel de ces réfugiés, devenu ensuite Grand Rabbin d’Alexandrie, Tanger, Tel Aviv et Jaffa… puis ministre de Ben Gourion en Israël. (https://memoriaebraica.com/refugies-syriens-en-1915).

LV

Références :

- François Pietri : « Napoléon et les Israélites ». Ed.  Berger-Levrault

- Lilly Marcou : « Napoléon face aux Juifs » Ed. Pygmalion

- Pierre Birnbaum : « L’aigle et la synagogue » Ed. Fayard

- Jacques Derogy et Hesi Carmel : « Bonaparte en Terre Sainte » Ed. Fayard

- Charles Touati : « Le Grand Sanhédrin de 1807 et le droit rabbinique » Annales historiques de la Révolution française, n°235, 1979.

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